Le titre du reel est volontairement brutal : “Ils vont tuer le Super Éthanol ?”. Il traduit une inquiétude qui a bien existé ces derniers mois. À l’automne 2025, le projet de loi de finances pour 2026 a effectivement ravivé la crainte d’une hausse importante de la fiscalité sur le Superéthanol-E85, avec à la clé un risque de forte remontée du prix à la pompe pour le carburant le moins cher du marché. Plusieurs amendements parlementaires faisaient explicitement référence à une hausse jugée “brutale” et à la nécessité de préserver l’avantage fiscal de l’E85.
Pour les automobilistes, l’enjeu était simple : si l’avantage fiscal sautait, l’E85 perdait une grande partie de son intérêt économique. Des articles publiés en octobre 2025 évoquaient même un litre pouvant passer d’environ 0,71 € à 1,20 €, ce qui aurait profondément changé l’équation pour les ménages équipés d’un véhicule flexfuel ou d’un boîtier homologué.
Mais au moment où l’on parle, il faut nuancer fortement le scénario catastrophe. L’Assemblée nationale a ensuite supprimé la hausse des taxes envisagée sur l’E85, et le Sénat a confirmé le maintien de cette fiscalité favorable. Début 2026, plusieurs sources relevaient encore que le superéthanol avait conservé son avantage fiscal, même si le débat a laissé des traces dans la filière.
Autrement dit, le Superéthanol n’a pas été “tué”, mais il a clairement été mis sous pression politique et budgétaire. Et c’est là que le sujet devient économique : l’E85 n’est pas seulement un carburant moins cher pour l’automobiliste, c’est aussi une filière française liée à l’agriculture, à l’industrie sucrière et à une forme de transition moins coûteuse que le basculement immédiat vers l’électrique pour tous. Les amendements déposés à l’Assemblée insistaient d’ailleurs sur son rôle pour le pouvoir d’achat, notamment dans les zones rurales et périurbaines où la voiture reste indispensable.
Le fond du débat est donc plus large qu’une simple question de pompe. D’un côté, l’État cherche des recettes et arbitre entre niches fiscales, contraintes budgétaires et signal écologique. De l’autre, les défenseurs du bioéthanol rappellent qu’un carburant plus accessible, produit en partie en France et déjà compatible avec une partie du parc essence, évite de frapper de plein fouet les automobilistes les plus dépendants à leur voiture.
La vraie conclusion est là : le danger a été politique avant d’être industriel. Le signal envoyé aux consommateurs et aux acteurs de la filière a été mauvais, car il a rappelé que l’avantage de l’E85 peut redevenir une variable d’ajustement budgétaire. Pour l’instant, le carburant du pouvoir d’achat a survécu. Mais sa stabilité dépend moins de la technique automobile que des arbitrages fiscaux de Bercy.