Allemagne :
pourquoi la même BMW y coûte 15 à 35 % de moins
Une BMW M340i, neuve, finition identique, options identiques. À Munich : 78 000 € TTC. À Paris : 102 000 € TTC plus malus. La différence n'est pas une marge de concessionnaire français : c'est la convergence de trois mécanismes, dont aucun n'est caché. Anatomie d'un écart qui a transformé le mandataire automobile en métier stratégique — et de ce qu'on récupère vraiment en important.
Premier écart : la TVA
La TVA allemande standard est de 19 %. En France, elle est de 20 %. Sur un véhicule à 80 000 € HT, cette seule différence représente 800 € d'écart, qu'on récupère partiellement à l'import (la TVA est due une fois, dans le pays de mise à la consommation, mais le mécanisme de quitus permet de neutraliser la double imposition).
Cet écart est mineur isolé, mais s'ajoute aux autres.
Deuxième écart : pas de malus en Allemagne
L'Allemagne n'a pas d'équivalent direct du malus écologique français. Aucune taxe à l'immatriculation liée aux émissions de CO₂ ne s'applique. La taxe annuelle de circulation (Kfz-Steuer) reste très modérée : quelques centaines d'euros par an pour la plupart des berlines, même puissantes.
Sur une BMW M340i française, le malus 2026 atteint environ 24 000 € (180 g/km de CO₂ + poids). En Allemagne : 0 €. C'est le principal moteur de l'écart de prix TTC pour les sportives.
Troisième écart : le marché quatre fois plus grand
L'Allemagne immatricule environ 2,8 millions de voitures neuves par an. La France : autour de 1,5 million. BMW vend cinq fois plus de voitures sur son marché domestique qu'en France. Les concessionnaires allemands tournent à des volumes tels qu'ils peuvent appliquer des remises de 8 à 18 % sur le prix catalogue, même pour un acheteur « walk-in ».
En France, sur le même modèle BMW haut de gamme, la remise typique dépasse rarement 5 %. C'est la « marge culturelle » : un marché plus petit, une distribution moins concurrentielle, une rentabilité par véhicule plus élevée.
Ce qu'on récupère vraiment en important
L'écart brut entre prix allemand et prix français ne se récupère pas en totalité. Quatre lignes à ajouter à la facture allemande :
- Le malus français à l'immatriculation. C'est la même somme qu'à l'achat français.
- Le transport routier ou camion Munich → France : 600 à 1 800 € selon distance.
- Les frais administratifs (COC, quitus, DREAL, carte grise) : 600 à 1 200 €.
- La marge éventuelle du mandataire : généralement 3 à 8 % selon modèle.
Résultat net : sur une BMW M340i, l'économie totale après import avec mandataire tourne autour de 12 à 22 % du prix français TTC — avec une livraison de 4 à 8 semaines.
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FAQ
L'import depuis l'Allemagne est-il légal ?
Totalement. La libre circulation des marchandises au sein de l'UE garantit qu'un véhicule acheté dans un État membre peut être importé dans un autre sans droits de douane. Quatre formalités administratives sont requises (COC, quitus fiscal, DREAL si nécessaire, carte grise française).
Le malus est-il dispensable en cas d'import ?
Non. Le malus est dû dès la première immatriculation en France, peu importe le pays d'origine. Seules les exonérations spécifiques (famille nombreuse, handicap) restent applicables.
Quelle est la durée moyenne d'un import allemand ?
Entre 4 et 8 semaines, selon disponibilité du véhicule, transport, et délai DREAL/carte grise. Un véhicule de stock allemand peut être roulé en France en 4 semaines.
Sources : ACEA (statistiques immatriculations 2024), Service-Public, prix catalogue BMW Allemagne et France 2026.